• Minoy V en pleine tempête

    Nous nous sommes réveillés tôt ce jour là afin de pouvoir partir du port pas trop tard. Le vent est de la partie, un peu trop même et pourtant la météo annonce un vent faible. Nous décidons donc d'attendre que le vent tombe un peu. 12h, c'est l'heure...le vent fait chanter mats et haubans...on dirait presque un chant de baleines. Nous sommes tous silencieux, scrutant l'horizon comme pour y déceler une réponse. Nous nous éloignons peu à peu du port...je regarde derrière moi "au revoir le Lavandou". Les vagues se font de plus en plus fortes. Mais nous faisons confiance au Minoy, vaillant gib'sea de 10 mètres de long. Nous filons sur les vagues, elles se font dures et de plus en plus hautes, les creux atteignent vite 2 à 3 mètres. Au bout d'une heure nous pensons déjà à notre prochaine étape le port de Hyères et ses palmiers. Nous nous rassemblons tous dans le cockpit, les uns à côté des autres et nous commençons à nous détendre à rire même. Nous poussons des cris de joies à chaque vagues passées....une vague un peu plus grosse vient cogner l'arrière du bateau et nous entendons un déchirement. Nous nous retournons tous vers l'arrière...un bout de bois surf seul au milieu des vagues, comme une âme en peine....une partie du safran vient de nous lâcher. Plus de gouvernail pour nous guider. Nous nous regardons tous sans mots dire, c'est le silence total pendant prêt d'une minute. C'est alors un déchainement de hurlements, de mots lâchés, d'énervements...nous sommes encore à 1h30 d'Hyères avec un vent très fort et plus de safran pour diriger le voilier. Le capitaine déclenche le moteur hors-bord et le dirige à bout de bras...le regard noir caché derrière ses lunettes. La navigation est difficile, sa main double de volume au bout de 20 mn. Mais nous n'abandonnerons pas, pas de crossmed rien, nous nous débrouillerons. Nous balancons un saut attaché à un bout afin de stabiliser le bateau. Enfin Hyères se dessine à l'horizon, petit à petit....l'entrée au port sera difficile. Nous nous servons donc de la radio afin de demander de l'aide au port...pas de réponse, nous réessayons en vain....rien. Un petit zodiaque se balade prêt du port, nous lui faisons signe de la main, il se dirige vers nous. Quelques manoeuvres plustard nous sommes à bon port, en joie de toucher terre et d'avoir limité la casse. Ce jour la, les hélicoptères ont dansés dans le ciel jusqu'au soir. Nous on s'en fout, nous sommes au port, un verre à la main....les marins du Minoy V sereins !

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